Le temps est venu dans cette année bissextile 2012 de consacrer le CHAPITRE MARTINISTE SAINT MELCHISEDECH, par le Philosophe Inconnu représentant la Société des Indépendants société intimiste Martiniste comme Louis Claude Saint Martin aimait à le dire. Le CHAPITRE SAINT MELCHISEDECH a allumé sa lumière sacrée le SAMEDI 31 MARS 2012 et pour nos Soeurs et Frères Martinistes mais aussi nos Membres du Cercle MELCHISEDECH en réflexion sur la méditation philosophique et chrétienne du Martiniste, ce sera une journée de joie et de bénédiction.

        Que cette consécration  par la lumière divine apporte à nos Frères et Soeurs, l'espace de PAIX, d'HARMONIE, d'ETUDE qui sied à tous chrétiens recherchant par le sacerdoce, le dialogue tempérant et apaisé  par la voie du coeur avec DIEU notre créateur.

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ; selon qu’Il nous a élus en Lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant Lui en amour, nous ayant prédestinés pour nous adopter pour Lui par Jésus Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce dans laquelle Il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé ; en qui nous avons la Rédemption par son sang, la rémission des fautes selon les richesses de sa grâce : laquelle Il a fait abonder envers nous en toute sagesse et intelligence nous ayant fait connaître le mystère de sa volonté selon son bon plaisir, qu’Il s’est proposé en Lui-même pour l’administration de la plénitude des temps, [ à savoir] de réunir en Un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, en Lui, en qui nous avons aussi été faits héritiers, ayant été prédestinés selon le propos de Celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté, afin que nous soyons à la louange de sa gloire, nous qui avons espéré à l’avance dans le Christ . »

Epître aux Ephésiens, I, 3-12 modifié

 

 

 

Vous trouverez ci-dessous les fondements spirituels et les principes divins et moraux développés, enseignés et transmis dans le Chapitre Martiniste MELCHISEDECH, ce ne sont que les faibles lumières d'une clarté plus intense.

Maître Inconnu Martiniste

La voie intérieure saint-martinienne


Le Philosophe Inconnu, en effet, n'hésitera pas à défendre et encourager la possibilité d'un travail opératif hautement spiritualisé, écartant les pièges que ne manquent jamais de produire les procédés par trop dépendants des manifestations phénoménales.

Mais qu'est-ce qui était, au fond, à l'origine d'une telle attitude, d'autant venant du secrétaire même de Martinès, de celui qui avait été, les dernières années avant sa disparition, le plus proche collaborateur et l'auxiliaire privilégié du maître ? Le mystère, qui déjà au XVIIIe siècle, intriguait et parfois troublait ceux qui étaient versés dans ces domaines, se poursuit encore de nos jours et continue d'alimenter les légitimes réflexions et nombreuses interrogations des « hommes de désir » .

En réalité, la nécessité de l'intériorité, de la voie purement secrète, silencieuse et invisible, est justifiée par Saint-Martin à cause de la faiblesse constitutive de la créature, de sa désorganisation complète et de son inversion radicale, plongeant de ce fait les êtres dans un milieu infecté, une atmosphère viciée et corrompue, qui guettent chacun de nos pas lorsque nous nous éloignons de notre source, qui mettent en péril notre esprit lorsque, par imprudence et présomption, nous osons outrepasser les limites des domaines sereins protégés par l'ombre apaisante de la profonde paix du cœur : « A peine l'homme fait-il un pas hors de son intérieur, que ces fruits des ténèbres l'enveloppent et se combinent avec son action spirituelle, comme son haleine, aussitôt qu'elle sort de lui, serait saisie et infestée par des miasmes putrides et corrosifs, s'il respirait un air corrompu. (...) combien (...) l'homme court de dangers dès qu'il sort de son centre et qu'il entre dans les régions extérieures. » (Ecce Homo, § 4.)

 

La nécessaire purification du coeur


L'œuvre véritable se passe effectivement loin de l'extérieur et des mouvements insensés, car c'est dans l'interne, derrière le second voile du Temple que se déroulent les rites sacrés, qu'ont lieu l'authentique culte spirituel et la liturgie divine célébrés par l'exercice constant de la prière et de l'adoration. C'est là le saint labeur, la pure occupation, la vocation première de celui qui est destiné au service des autels de la Divinité. Notre prière doit être un chant pur, un sublime baume, un encens de bonne odeur ; car elle est le doux entretien auquel l'homme doit consacrer ses jours, et, également, « consacrer » son être, car c'est ce que Dieu, dans son insondable amour, attend et espère de ses enfants.

Cette attitude, qui put surprendre dans un premier temps les amis de Saint-Martin, pour la plupart des adeptes instruits en quête d’initiations aux titres prestigieux, des curieux ou des lettrés, gens du monde en recherche de connaissances mystérieuses, finira lentement par s'imposer aux plus sensibles et éveillés aux pieuses vérités, et leur apparaître comme le seul chemin, sûr et élevé, dispensateur d'ineffables bienfaits et de nombreux fruits, alors même que beaucoup d'autres, hélas, ne parvenaient pas à comprendre, ne voyaient pas ce qui était à l'origine de cette attitude chez le Philosophe Inconnu, dont ce dernier se faisait l'avocat dans ses ouvrages, attitude nouvelle et tellement surprenante, voire choquante pour eux, habitués aux fastueux décorums des réceptions maçonniques, à la superficielle gloire des titres et des charges, ou encore fascinés par les impressions sensibles que provoquaient certaines pratiques étranges et peu communes, enseignées par quelques maîtres renommés et célèbres dont le siècle des Lumières était si friand.

 

L'exercice constant de la prière et de l'adoration


Si Martinès insistait principalement sur la nature horrible et ténébreuse du crime de notre premier parent selon la chair, Saint-Martin se penchera, quant à lui, avec une attention accrue, faisant preuve d’une capacité exceptionnelle de perception à l'égard de ce que sont les divers rouages de l'âme humaine, sur le lamentable état dans lequel se trouvent intérieurement à présent les fils d'Adam, et constatera, non seulement la profonde dégradation et déchéance qui les frappent leur ayant fait perdre leur statut privilégié vis-à-vis du Créateur, mais, également, les réduisant dans toutes leurs facultés et, en particulier, les condamnant à une sorte de quasi « mort morale ».

Cette situation tragique caractérisant l'humanité actuelle, frappera et affectera tellement Saint-Martin, qu'il considérera, non sans raison, comme vaine et stérile toute action ne posant pas comme préalable absolu une véritable « purification », et ce avant toute entreprise d'instauration d'un contact ou d'un dialogue avec le Ciel. L'homme est dans un tel état d’abjection souligna Saint-Martin, qu'il lui faut d'abord, et en premier lieu, qu'il se reconnaisse misérable pécheur et s'humilie profondément devant le Seigneur, afin d'espérer pouvoir oser, après être passé par les différentes étapes de la repentance, s'adresser à l'Eternel.

De ce fait, on comprend ce qui put conduire Saint-Martin à affirmer : « La prière est la principale religion de l'homme, parce que c'est elle qui relie notre cœur à notre esprit... » (La Prière, in Œuvres posthumes), car l'intuition majeure qui se fit jour dans sa pensée fut de se rendre compte, dans une sorte d'illumination vive, que l'homme, malgré tous ses efforts, mobilisant mille et une techniques, développant un appareil complexe fait de rites, d'invocations, de gestes symboliques, s'il ne transforme pas radicalement son cœur, s'agite en réalité en vain et reste, malheureusement, comme le dira l’Apôtre Paul, une triste et inutile « cymbale retentissante » (I Corinthiens 12, 1).

 

Une souffle de vie...
Une étincelle de lumière ...


L'homme doit donc se persuader, qu'il n'a rien à attendre des régions étrangères, il a, bien au contraire, à travailler, à creuser en lui afin d'y découvrir les précieuses lumières enfouies qui attendent d'être mises à jour et, enfin, portées à la révélation. Les trésors de l'homme ne sont pas situés dans les lointains horizons inaccessibles, ils sont à ses pieds, ou plus exactement en son cœur ; ils demeurent patiemment dissimulés, ils rayonnent sourdement, effacés et oubliés, sous le bruit permanent de l'agitation frénétique qui porte, dans une invraisemblable et stérile course, les énergies vers les réalités non essentielles et périphériques.

 
Saint-Martin insistera sur ce point avec force : « Par ses imprudences, l'homme est plongé perpétuellement dans des abîmes de confusion, qui deviennent d'autant plus funestes et plus obscurs, qu'ils engendrent sans cesse de nouvelles régions opposées les unes aux autres et qui font que l'homme se trouvant placé comme au milieu d'une effroyable multitude de puissances qui le tirent et l'entraînent dans tous les sens, ce serait vraiment un prodige qu'il lui restât dans son cœur un souffle de vie et dans son esprit une étincelle de lumière. (...) l'œuvre véritable de l'homme se passe loin de tous ces mouvements extérieurs. » (Ibid.)

L'alliance avec la Vérité


Saint-Martin qui se demandait, dans les premiers temps de son initiation auprès de Martinès, s'il était bien nécessaire d'employer tant de moyens pour s'adresser à l'Eternel, sera en revanche assez rapidement convaincu que la seule chose, indispensable et quasi impérative, pour pouvoir s'unir à Dieu, est de se présenter devant lui avec un cœur pur, c’est-à-dire avec un vrai désir et une âme humiliée.

Ce sont là les uniques conditions d'une relation spirituelle authentique, d'une ouverture effective au divin, d'un ineffable entretien de cœur à cœur avec l’Eternel. Loin des vaines prétentions humaines désireuses de parvenir à Dieu par des voies incertaines et fausses, le plus souvent emplies d'orgueil et de vanité, il faut, bien au contraire, préparer et disposer l'unique organe que nous possédions pour « opérer », c'est-à-dire notre cœur, en le conformant aux exigences de la vérité, car : « La vérité ne demande pas mieux que de faire alliance avec l'homme ; mais elle veut que ce soit avec l'homme seul, et sans aucun mélange de tout ce qui n'est pas fixe et éternel comme elle. » (Le Nouvel homme, § 1.)

 

C'est le cœur de l'homme qu'il faut sanctifier


Or ce mélange « non-fixe », c'est tout ce qui relève de la nature prévaricatrice, des adhérences de la chair, de l'antique séduction du serpent, des illusions du vieil homme qui ne trouvent leur réparation que dans le travail de sanctification : « Dieu veut qu'on le serve en esprit, mais il veut qu'on le serve aussi en vérité (...) c'est le cœur de l'homme qu'il faut sanctifier, et porter en triomphe aux yeux de toutes les nations. Le cœur de l'homme est issu de l'amour et de la vérité ; il ne peut recouvrer son rang qu'en s'étendant jusqu'à l'amour et à la vérité. » (L'Homme de désir, § 199.)